• Nancy

La cage


La légende de la Corriveau est bien vivante au Québec. On s’en est souvent inspirée dans des chansons, des émissions de télé et même dans la littérature jeunesse. C’est d’ailleurs le pari que s’est lancé Hervé Gagnon qui nous offre son roman publié chez Hugo & Cie, La Cage.


Condamnée à mort pour le meurtre de son mari, Marie-Josephte Corriveau est pendue et son corps enfermé dans une cage en fer. Cent ans plus tard, la cage est exposée dans une arrière-boutique d’un commerce de Montréal et sa vue provoque d’étranges rêves pour Eugénie Lachance et son jeune frère. Au même moment, d’autres femmes qui visitent l’exposition se mettent à assassiner leur époux...


Le constable Seamus O’Finnigan, un jeune irlandais épris d’Eugénie, mène l’enquête. Hervé Gagnon arrive à créer un suspense tout au long de ce court roman d’à peine 200 pages. Même si l’on découvre facilement ce qui est arrivé aux parents des Lachance, l’auteur nous lance sur une piste aléatoire pour nous garder en haleine.


Le texte comporte de petits chapitres de 3 à 7 pages et est ponctué d’articles de journaux, pour donner du rythme au récit et situer le lecteur après certains évènements. Les descriptions des cauchemars du personnage d’Eugénie ajoutent une touche de macabre sans toutefois tomber dans l’excès. Les élèves plus impressionnables ne seront sans doute pas affectés par les images des animaux morts ou du personnage « faisandé » de la Corriveau qui apparaît au fil des pages.


Ce texte, qui s’adresse à des jeunes de 12 à 16 ans, est agréable à lire. Le vocabulaire est accessible et les descriptions de l’époque ne sont pas assez approfondies pour en perdre le sens. Tout au plus, l’enseignant.e devra peut-être faire une ou deux mises au point historiques pour relancer le jeune lecteur dans le récit.


L’auteur arrive à nous brosser un portrait assez concevable des personnages, de leur passé et de la société dans laquelle ils évoluent. Malgré le caractère fantastique de l’histoire, les motivations des personnages sont souvent réalistes.


La fin, quant à elle, est tirée par les cheveux: on ne comprend pas d'où vient cette double personnalité ni ce qui la provoque. On en vient à se demander si l'histoire n'aurait pas gagné à avoir plus de pages, à être plus étoffée..


Malgré cela, j'ai aimé ce petit roman et je le recommande aux jeunes lecteurs, amateurs de livres d’horreur ou à ceux qui veulent sortir de leur zone de confort.


 

GAGNON, Hervé. La cage, Montréal, Hugo & Co., 2022, 186 pages.

ISBN : 9782755693515





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