• Nancy

La bibliothèque de minuit

Dernière mise à jour : 21 mars


Le jour où Nora Seeds se rend compte qu’elle n’est importante pour personne, elle décide de se suicider. Naviguant entre la vie et la mort, elle découvre une bibliothèque aux rayonnages infinis où se trouve Mme Elms, l’ancienne bibliothécaire de son collège. Elle y feuillette le livre des regrets et devine qu’elle peut corriger ses erreurs. La bibliothèque de minuit est sa dernière chance de tout refaire. Les bouquins dans la bibliothèque de minuit lui donnent la possibilité de revivre sa destinée autrement. Toutefois les histoires ne se déroulent pas comme elle l’imaginait — qu’est-ce qu’une vie heureuse ? Elle dérive entre les vies qu’elle aurait pu réaliser jusqu’au jour où elle a envie de s’établir dans l’une d’entre-elle…


La prémisse est intéressante, qui n’a pas rêvé de changer sa vie, prendre des décisions différentes si la vie nous faisait le cadeau de recommencer ? L’auteur s’amuse à nous rappeler que nos décisions du moment ne sont pas immuables et que nous sommes tous responsables de notre bonheur.

Ce qui est remarquable dans ce roman est le point de vue de la narration. Matt Haig utilise un narrateur omniscient, mais toujours dans les yeux de son personnage principal. Tantôt dans prise par l’action, tantôt témoin, Nora vit son histoire avec des yeux neufs.


Mais il n’y a pas que du bon. Même si la métaphore de la bibliothèque où se trouvent des vies parallèles est intéressante, les messages de motivation qui s’immiscent ici et là dans le texte font perdre de l’originalité au texte. En effet, le récit prend une tournure livre de croissance personnelle digne « Du chemin le moins fréquenté » ou de « l’Alchimiste. » avec titres de de chapitres comme « la seule façon d’apprendre, c’est de vivre ou encore » ou encore « l’arbre qui est notre vie »… Soyons clairs, ce qui ne m'accroche pas dans ce roman : le lâcher-prise, les pensées positives, la maîtrise de son destin, peuvent plaire à un lectorat habitué à ce type de lecture.


Le personnage de Nora est bien développé, elle qui au départ semble détachée à cause de ses antidépresseurs, sombre peu à peu dans le négativisme et l'abattement.


« J’ai déçu tout le monde. Franchement, je suis un gâchis d’empreinte carbone ambulant. Je fais du mal aux gens. […] Je veux mourir. »


Ces vas et vient dans ces vies parallèles lui font prendre conscience d’elle-même et de son désir de vivre. Les personnages secondaires, sauf Mme Elms qui demeure la même, changent au grès des choix faits par Nora.


La plume de Matt Haig est agréable et le texte se lit facilement. Les transitions sont très cinématographiques et il est aisé d’imaginer les scènes. Les dialogues sont réalistes dans un contexte où le personnage comme le lecteur essaie de connaître à quel endroit elle se situe. La force de Haig est de nous faire découvrir le passé de Nora en même temps qu’elle. Cette manière d’écrire force le lecteur à s’identifier à Nora puisqu’on y rencontre au fil des chapitres, des personnages récurrents qui, comme Nora, vivent des vies différentes. À un certain moment, je me suis rappelé Retour vers le futur, où Marty revoit ses parents qui étaient devenus des gens populaires et heureux suite à une toute petite décision dans leur passé…



Le roman balance quelques fois dans les théories de physique quantique et l’explication scientifique que tous les possibles cohabitent. Outre cela, on passe un agréable moment en oubliant le temps qui passe.




 








HAIG, Matt. La bibliothèque de minuit. (Traduit de l’anglais) Paris, Fayard Mazarine, 2022, 414 pages.


Date de parution : 5 janvier 2022

ISBN numérique: 9782863748145 (288 pages)

Langue : Français

Options de téléchargement : EPUB


5 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout
Les 3 axes: chevalet (arts), livres (les appréciations littéraires) et la dactylo (l'écriture).
  • Instagram
  • Facebook
  • Twitter

Nancy Thomas

ART, LITTÉRATURE, ÉCRITURE